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Il existe une différence subtile, mais essentielle, entre survivre et vivre.

Pourtant, beaucoup d’entre nous finissent par les confondre.

Nous travaillons.

Nous nous occupons de nos proches.

Nous remplissons nos responsabilités.

Nous avançons jour après jour.

Vu de l’extérieur, tout semble normal.

Mais à l’intérieur, quelque chose peut manquer.

La légèreté.

L’élan.

L’envie.

La présence.

La sensation d’être réellement vivant.

Lorsque je rencontre certaines personnes, j’entends souvent les mêmes phrases :

« Je fais ce qu’il faut faire, mais je n’ai plus envie de rien. »

« Je continue, mais sans enthousiasme. »

« Je me sens épuisé(e), même quand je me repose. »

« J’ai l’impression de fonctionner plus que de vivre. »

Ces mots me touchent toujours.

Car ils décrivent souvent un état que nous connaissons mal.

L’état de survie.

La survie n’est pas une faiblesse.

Au contraire.

C’est une capacité remarquable du corps humain.

Lorsque nous traversons une période difficile, le système nerveux mobilise ses ressources.

Il protège.

Il compense.

Il s’adapte.

Il nous permet de tenir.

Après une maladie.

Après un deuil.

Après une séparation.

Après des années de stress ou de responsabilités.

Cette capacité nous aide à traverser des périodes que nous n’aurions jamais imaginé pouvoir supporter.

Mais il existe un risque.

Celui de rester dans cet état trop longtemps.

Petit à petit, la survie devient une habitude.

Le corps reste tendu.

La respiration reste courte.

Le sommeil reste fragile.

L’esprit continue à surveiller.

La vie se rétrécit.

Non pas parce que les possibilités ont disparu.

Mais parce que toute l’énergie est consacrée à la protection.

Dans cet état, nous faisons ce qui est nécessaire.

Mais nous oublions parfois ce qui nous nourrit.

Nous continuons à avancer.

Mais nous cessons peu à peu d’explorer.

Nous continuons à fonctionner.

Mais nous cessons parfois de rêver.

C’est pourquoi certains changements observés en consultation me semblent particulièrement précieux.

Une personne recommence à faire des projets.

Une autre parle d’un voyage.

Quelqu’un reprend une activité abandonnée depuis longtemps.

Un sourire réapparaît.

Une curiosité renaît.

Ce sont souvent des signes que quelque chose évolue en profondeur.

Le système ne mobilise plus toute son énergie pour survivre.

Une partie de cette énergie devient à nouveau disponible pour vivre.

La guérison ne consiste pas seulement à diminuer une douleur.

Elle consiste parfois à retrouver la capacité d’être pleinement présent à sa propre vie.

À ressentir.

À créer.

À aimer.

À s’émerveiller.

À participer.

Peut-être que la question n’est pas seulement :

« Comment aller mieux ? »

Mais aussi :

« Suis-je en train de survivre ou de vivre ? »

Car parfois, le premier pas vers la guérison commence lorsque nous réalisons que ces deux choses ne sont pas les mêmes.

Fasciapuncture® Clinical Reflections

De la protection vers la vie.