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Le développement personnel est partout.

Livres.

Podcasts.

Formations.

Conférences.

Réseaux sociaux.

Nous sommes encouragés à mieux nous connaître, à évoluer, à comprendre nos mécanismes et à devenir une meilleure version de nous-mêmes.

À première vue, cela semble positif.

Et bien souvent, cela l’est.

Mieux se comprendre peut apporter de la liberté.

Prendre conscience de certains schémas peut permettre d’avancer.

Explorer son histoire peut aider à donner du sens à certaines expériences.

Mais il existe un piège plus discret.

Un piège dont on parle rarement.

Que se passe-t-il lorsque le développement personnel devient une obsession ?

Lorsque toute notre attention est tournée vers ce qui doit encore être amélioré ?

Lorsque nous passons notre temps à chercher ce qui ne va pas ?

Lorsque chaque émotion devient un problème à analyser ?

Lorsque chaque difficulté devient une preuve que nous avons encore du travail à faire sur nous-mêmes ?

Peu à peu, une idée s’installe.

L’idée que nous ne sommes jamais tout à fait prêts.

Jamais tout à fait guéris.

Jamais tout à fait suffisants.

Alors nous continuons à chercher.

À analyser.

À comprendre.

À corriger.

À réparer.

Et sans nous en rendre compte, nous faisons parfois de nous-mêmes un projet permanent.

Le regard reste tourné vers ce qui manque.

Vers ce qui doit être transformé.

Vers ce qui n’est pas encore résolu.

La vie, elle, attend en arrière-plan.

Dans ma pratique, j’ai parfois rencontré des personnes qui avaient passé des années à essayer de comprendre leurs blessures.

Elles connaissaient parfaitement leurs difficultés.

Leurs peurs.

Leurs traumatismes.

Leurs mécanismes.

Mais elles avaient progressivement perdu autre chose.

La spontanéité.

La légèreté.

L’élan.

Le plaisir simple d’exister.

Comme si toute leur énergie avait été absorbée par la réparation.

Or la vie n’est pas uniquement un problème à résoudre.

Elle est aussi une expérience à vivre.

Un coucher de soleil.

Une promenade.

Un repas partagé.

Un rire.

Une rencontre.

Un projet.

Une curiosité.

Une présence.

Il arrive parfois qu’une personne commence à aller mieux non pas lorsqu’elle se comprend davantage, mais lorsqu’elle cesse momentanément de se regarder elle-même pour revenir au monde.

Lorsqu’elle retrouve quelque chose qui l’intéresse.

Quelque chose qui la touche.

Quelque chose qui lui donne envie d’avancer.

Le développement personnel est précieux.

Mais il n’est pas une destination.

Il ne devrait jamais remplacer la vie elle-même.

Peut-être que la véritable transformation n’est pas de devenir parfait.

Peut-être est-elle de cesser de se considérer comme un problème à résoudre.

Et de retrouver la capacité d’être simplement vivant.

Fasciapuncture® Clinical Reflections

De la protection vers la vie.