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Il existe des personnes qui semblent toujours sur le qui-vive.

Elles anticipent.

Elles surveillent.

Elles réfléchissent sans cesse à ce qui pourrait arriver.

Même lorsqu’il n’y a pas de problème immédiat, leur corps reste tendu.

Le soir, elles ont du mal à s’endormir.

Le week-end, elles n’arrivent pas à décrocher.

En vacances, elles continuent à penser au travail, aux responsabilités ou aux inquiétudes du quotidien.

Elles aimeraient se détendre.

Mais quelque chose en elles reste en alerte.

Pourquoi ?

Avec le temps, j’ai observé que cette réaction n’est généralement pas un défaut.

C’est souvent une adaptation.

Le corps apprend à partir de l’expérience.

Après une maladie.

Après un deuil.

Après une période de stress intense.

Après des années de responsabilités ou d’incertitudes.

Le système nerveux développe alors une forme de vigilance.

Au départ, cette vigilance est utile.

Elle permet de faire face.

De continuer.

De tenir.

Mais parfois, le danger disparaît et la vigilance reste.

Comme si le corps n’avait jamais reçu le message que la situation avait changé.

La respiration devient plus courte.

Le sommeil plus léger.

Les épaules plus tendues.

L’esprit continue à chercher ce qui pourrait mal se passer.

Petit à petit, cet état devient normal.

On finit même par oublier ce que signifie se sentir réellement en sécurité.

C’est pourquoi certaines personnes me disent :

« Je suis épuisé(e), mais je n’arrive pas à me reposer. »

Ou encore :

« Je sais que tout va bien, mais je n’arrive pas à me détendre. »

Le corps n’est pas en train de se tromper.

Il continue simplement à appliquer une stratégie qui lui a permis de survivre.

La bonne nouvelle est que cette vigilance n’est pas définitive.

Lorsque le système commence à retrouver un sentiment de sécurité, les changements apparaissent souvent de façon discrète.

Un soupir.

Une respiration plus profonde.

Les épaules qui descendent.

Le visage qui se détend.

Une envie soudaine de dormir.

Ces petits signes peuvent sembler anodins.

Pourtant, ils indiquent souvent quelque chose d’essentiel :

Le corps commence à comprendre qu’il n’a plus besoin de tout surveiller.

Qu’il peut relâcher un peu le contrôle.

Qu’il peut enfin économiser son énergie pour vivre plutôt que pour se protéger.

La sécurité n’est pas seulement une idée.

C’est une expérience.

Et lorsque le corps retrouve cette expérience, quelque chose de profond commence à changer.

Peut-être que la guérison ne consiste pas toujours à devenir plus fort.

Peut-être consiste-t-elle parfois à redécouvrir qu’il est enfin possible de se sentir en sécurité.

Fasciapuncture® Clinical Reflections

De la protection vers la vie.