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Il arrive souvent que des personnes me disent :

« Mon corps me lâche. »

« Mon corps est contre moi. »

« Je ne comprends plus ce qu’il me fait. »

Après des mois ou parfois des années de douleurs, de fatigue, d’insomnies ou d’anxiété, ces phrases sont compréhensibles.

Quand la souffrance dure longtemps, il devient facile de considérer son corps comme un adversaire.

Pourtant, au fil des années de pratique, une autre vision s’est progressivement imposée à moi.

Et si le corps n’était pas l’ennemi ?

Et s’il essayait, depuis le début, de nous protéger ?

Lorsque nous observons attentivement certaines réactions du corps, quelque chose devient évident.

Les tensions apparaissent rarement sans raison.

L’hypervigilance apparaît rarement sans raison.

Les contractures, les troubles du sommeil, certaines douleurs persistantes ou certains blocages semblent souvent faire partie d’une stratégie d’adaptation.

Le corps cherche à maintenir un équilibre.

À continuer.

À s’adapter.

À protéger ce qui lui paraît vulnérable.

Parfois après une maladie.

Parfois après une période de stress intense.

Parfois après un deuil.

Parfois après des années de responsabilités accumulées.

Le problème n’est pas toujours la réaction elle-même.

Le problème est que cette réaction continue parfois bien après la disparition du danger initial.

Le système nerveux reste en alerte.

La respiration reste haute.

Le sommeil reste léger.

Le corps continue à surveiller.

Comme un gardien qui n’aurait jamais reçu le message que la tempête est terminée.

Dans ces moments-là, beaucoup de personnes essaient de lutter contre leur corps.

Elles veulent le corriger.

Le contrôler.

Le forcer à revenir à la normale.

Pourtant, les changements les plus profonds apparaissent souvent lorsque nous commençons à écouter plutôt qu’à combattre.

Lorsque le corps se sent enfin en sécurité, certains signes apparaissent naturellement.

Un soupir.

Une déglutition.

Une respiration plus profonde.

Les épaules qui descendent.

Le visage qui s’adoucit.

Le sommeil qui revient.

Le corps ne lutte plus.

Il se relâche.

Il retrouve peu à peu sa capacité naturelle d’autorégulation.

La guérison ne consiste pas toujours à supprimer un symptôme.

Parfois, elle commence lorsque le corps n’a plus besoin de se défendre avec autant d’intensité.

Cette idée a profondément changé ma façon d’observer les personnes qui viennent consulter.

Derrière la douleur, je ne vois plus un ennemi.

Je vois souvent un système qui a travaillé sans relâche pour protéger.

Parfois maladroitement.

Parfois excessivement.

Mais toujours avec la même intention :

Préserver la vie.

Le corps n’a jamais été l’ennemi.

Il a souvent été le gardien.

Et la guérison commence peut-être le jour où nous cessons de nous battre contre lui pour commencer à comprendre ce qu’il essaie de nous dire.

Fasciapuncture® Clinical Reflections