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Nous avons souvent une idée très simple du bonheur.
Nous nous disons :
« Quand ce problème sera réglé, je serai enfin tranquille. »
Puis un autre problème apparaît.
Alors nous nous disons :
« Quand celui-ci sera résolu, tout ira mieux. »
Et ainsi de suite.
Pendant des années, parfois pendant toute une vie.
Sans nous en rendre compte, nous commençons à croire que la paix se trouve quelque part après la résolution de tous nos problèmes.
Pourtant, la réalité est souvent différente.
Car les problèmes ne disparaissent jamais complètement.
La vie change.
Les défis changent.
Les préoccupations changent.
Mais il y a toujours quelque chose à gérer, à améliorer ou à comprendre.
Si notre paix dépend de l’absence totale de difficultés, alors cette paix risque de rester toujours hors de portée.
Dans ma pratique, j’ai parfois rencontré des personnes qui consacrent une énergie immense à analyser ce qui ne va pas.
Leur histoire.
Leurs blessures.
Leurs erreurs.
Leurs inquiétudes.
Cette démarche peut être utile.
Comprendre certaines choses est important.
Mais il arrive un moment où l’analyse cesse d’apporter de la liberté.
Elle devient une habitude.
Une façon de regarder le monde.
L’attention se tourne en permanence vers ce qui manque, ce qui souffre ou ce qui doit encore être réparé.
Et peu à peu, une chose essentielle est oubliée.
La vie ne se résume pas à résoudre des problèmes.
La vie est aussi faite d’expériences.
De rencontres.
De découvertes.
De moments de beauté.
De moments de présence.
De moments qui n’ont rien à réparer.
J’ai parfois observé que certaines personnes commencent à aller mieux non pas lorsque tous leurs problèmes disparaissent, mais lorsqu’elles recommencent à participer à la vie.
Elles font un projet.
Elles retrouvent une activité qu’elles aiment.
Elles passent du temps avec leurs proches.
Elles recommencent à s’intéresser à quelque chose.
Leur attention cesse progressivement de tourner exclusivement autour de ce qui ne va pas.
Elle recommence à se tourner vers ce qui est vivant.
Cette différence est importante.
Car il existe une forme de fatigue qui ne vient pas seulement des difficultés elles-mêmes.
Elle vient aussi du fait de porter constamment son regard sur elles.
La paix intérieure n’est pas l’absence de problèmes.
Elle est peut-être la capacité de continuer à vivre même lorsqu’il reste des choses inachevées.
Même lorsqu’il reste des questions sans réponse.
Même lorsqu’il reste des incertitudes.
Peut-être que la guérison ne consiste pas à tout réparer.
Peut-être consiste-t-elle parfois à cesser de remettre sa vie à plus tard.
À retrouver la capacité de vivre ici et maintenant, même au milieu de l’imperfection.
Car la paix n’apparaît pas toujours lorsque les problèmes disparaissent.
Parfois, elle apparaît lorsque nous cessons d’attendre leur disparition pour commencer à vivre.
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Fasciapuncture® Clinical Reflections
De la protection vers la vie.
